Si vous ne visualisez pas ce mail, suivez ce lien.
Blog de l’agence de communication intégrée Broca  & Wernicke

En mars dernier, les backers (« contributeurs » dans la langue de B2oba) du projet crowdfundé « Oculus Rift : Step into the game » voyaient leur nouveau joujou se faire avaler par Facebook. Montant de l’opération : 2 milliards d’euros. En revanche, pas un kopeck redistribué pour les 9 522 « coups de pouce » de départ.

Une histoire typique de la fameuse « ère de la collaboration » qui, paradoxalement, ne reconnaît pas la valeur de la contribution.

Mêmes mésaventures lors du rachat du Huffington Post par AOL et de IMBD par Amazon. Les contributeurs s’interrogent… La valeur de la plateforme ne viendrait-elle pas (par hasard) de nos contributions ? Alors pourquoi ne pas partager le gâteau ?

Cette gronde des contributeurs a fini par se cristalliser l’été dernier dans une pétition anti #travailgratuit, signées par près de 7 500 graphistes et autres dealers d’images. L’objet de la discorde ? Une visite d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’État chargée du Numérique, chez Creads, un des nombreux acteurs vous permettant d’obtenir un logo grâce à un appel à concours (les quelques premiers sont récompensés, le reste a le plaisir d’appartenir à une communauté géniale !).

D’une manière plus générale, c’est tout l’écosystème de la contribution sur le web qui est aujourd’hui remis en cause. Du lien que vous partagez sur Twitter, au commentaire déposé sur Trip Advisor, en passant par le burger que vous aurez créé pour McDonald’s. Trebor Sholz, professeur à la New School for Liberal Arts parle pour sa part de « digital labor », pour décrire ces activités socio-numériques assimilables à une forme de travail, car productrices de valeur (mais souvent non rémunérées).

Bref, si « c’est gratuit, c’est toi le produit ». Un joli paradoxe, dans un monde où nous consommons les informations que nous contribuons à produire.

On voit cependant émerger ci et là quelques alternatives. Le site Datacoup vous propose par exemple de vendre vos données personnelles à des sociétés commerciales. Voilà pour la dystopie. Pour le pendant bisou, on notera la belle initiative de la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération). Démarré en octobre 2013, ce projet ambitieux rassemble 8 grandes entreprises  (Google, Orange, Axa, La Banque Postale, la Société Générale, Le Crédit Coopératif, Intermarché et Solocal) qui ont accepté de redonner à 300 volontaires un accès à leurs données personnelles sur une plateforme en ligne pendant 6 mois.

Enfin, plus récemment encore, une poignée de chercheurs et d’entrepreneurs proposaient #fairlyshare sur le JDN. Une nouvelle forme de licence durable et équitable et surtout rémunératrice pour les contributeurs. Si c’est gratuit, c’est toi le nanti ?

Broca & Wernicke
10, rue de la Fontaine au Roi - 75011 PARIS
+33 1 49 96 97 98
Facebook | Broca & Wernicke